Paris sous argentique

Avec mon pote Julien, on ne communique (presque) que par lettres interposées.

Une fois, je lui ai envoyé une lettre (tapée à la machine, comme il se doit), et depuis, on n’a jamais arrêté de se répondre.

Et comme j’en ai parlé un peu plus tôt, je me suis récemment mis à la photo argentique. Alors, au vu du thème rétro-analogique de notre relation épistolaire, quand il m’a invité à lui rendre visite à Paris, je lui ai proposé un week-end sur le thème de la photo.

Lesté de deux appareils et deux rouleaux de pellicule dans mon sac à dos (et délesté d’une somme considérable, merci le SNCF), j’ai donc débarqué à la capitale tout content de venir chez mon pote pour s’amuser avec ces nouveaux jouets.

Après une bonne nuit de sommeil, c’est l’heure des explications : je lui fais un topo théorique sur le fonctionnement de l’appareil : temps d’exposition, diaphragme, ISO, flash, tout y est. Et en avant ! On enfile nos chaussures et on est partis arpenter la ville à la recherche de sujets à fixer sur l’acétate*.

*en vrai les pellicules ne sont plus faites en acétate, mais en polyester. Mais ça sonne moins bien !

Mais attention ! Nous n’étions point encore prêts : En effet, j’ai ramené 2 appareils photo :

Les 2 stars du show

  • Praktica MTL-B

    L’appareil que j’ai acheté sur un coup de tête dans une brocante. Outil simple, presque austère. Soviétique, en somme.

  • Canon A-1

    L’appareil de mon beau père, qu’il me prête généreusement depuis qu’il sait que je fais de la photo argentique. Machine perfectionnée, à la pointe.

SAUF QUE ! Le bel appareil de mon beau-père ne fonctionne pas sans pile, et la sienne est à plat depuis belle lurette. La première mission est donc de retrouver le modèle spécifique et rare de pile que requiert (exige, même !) le Canon. Evidemment, impossible de mettre la main dessus. Plus personne ne vend ce modèle.

Va trouver cette pile chelou, toi..

“On en avait, mais on les a jetées, elles étaient périmées”

– L’horloger bien trop occupé à réparer la montre sous sa loupe pour se soucier de nos problèmes

On a fini par trouver, après moult milliers de pas dans les rues de la capitale (bébé). La boutique “1001 piles” a su honorer son nom et nous fournir l’objet de nos désirs.

J’étais bloqué, tout ce temps, sans pouvoir prendre de photo, mais ça n’avait pas freiné Julien, qui a exposé ses premiers clichés.

Une fois la pile installée, j’ai pu constater le perfectionnement de l’appareil Canon : non seulement il y a un réglage automatique de l’exposition, il y a les mêmes réglages que sur mon appareil numérique : priorité à l’ouverture, au temps d’exposition… Un petit afficheur indique le réglage dans le réticule.

La nuit se couchait, il a donc fallu être plus sérieux quant aux réglages et à la stabilité pour ne pas prendre de photos floues.

Depuis qu’on avait vu les effets sur un tutoriel vidéo destiné à m’apprendre le fonctionnement de la myriade de boutons et leviers du Canon, on a pour objectif de reproduire une photo : suivre de l’objectif une rame de métro pour flouter l’arrière-plan tout en la gardant nette. V-t-on y arriver ?

On aura essayé sur des vélos, en tous cas.

Je me sens self-conscious de prendre des photos avec un appareil argentique, j’ai peur des regards des gens “Ah regarde, encore un hipster qui fait un truc à la mode sans vraiment s’y intéresser “. Mais en attendant, c’est quand même super trop cool.

On aura même tenté des expositions “longues”, guidés par les conseils du Canon en matière de réglages.

Il se trouve qu’il y avait ce week-end là l’exposition de lanternes japonaises au jardin d’acclimatations. Formidable visite, que ces images monochromes ne peuvent flatter assez.

Je vous le jure ! La couleur était ouf !

Un poil s'est glissé sur cette photo lors de son scan, saurez-vous le retrouver ?

New-York ? C'est toi ?

S’il n’y avait ce panneau “Parc de St-Cloud”, on s’y croirait.

Chuuut ! Artiste concentré.

Est-ce du jugement ou de l’incompréhension, dans ce regard ?

Nos pérégrinations nous auront mené au cimetière de Montmartre, lieu iconique et photogénique s’il en est.

Ah, Montmartre... Ses vues, ses rues... Ses touristes par milliers.

Mais je n’irai pas me plaindre des touristes qui prennent des photos, ce serait malvenu…

Enfin, nous avons réussi à capturer le cliché que nous voulions. Il n’est pas parfait, mais ça a fonctionné ! Le métro se détache du fond, à une vitesse qui paraît folle !

Voilà pour les aventures analogiques de Julien & Achille !

J’ai déjà commandé de quoi améliorer légèrement les appareils, et 4 rouleaux de pellicule photo bon marché. La prochaine étape, c’est d’apprendre à développer soi-même !

Une prochaine fois peut-être, Julien ?