Cette machine électro-mécanique, mise sur le marché par Olivetti en 1980, a pour spécificité de ne pas utiliser de marteaux d’impression comme le faisaient ses ancêtres. On dit adieu aux mécanismes bruyants qu’il faut huiler régulièrement, et au bruit si caractéristique de la ribambelle de leviers et roues qui font fonctionner les machines purement mécaniques.
Olivetti (ma marque de machines à écrire préférée, by the way) a fait des machines qui sortent de l’ordinaire dans leur histoire, surtout en termes de design : la Praxis 48 est magnifique, la Olivetti Valentine est une référence, et la machine que j’emmène en voyage est une Lettera 32.
Pour celle-ci, l’équipe de design n’était pas trop inspirée, visiblement. C’est la technologie du moment qui est au premier plan : l’impression à marguerite.
Marguerite
Contrairement à la IBM Selectric (1961), celle ci n’utilise pas de boule (bien que Olivetti ait copié l’idée avec sa Lexikon 82) mais une “Marguerite” en plastique sur laquelle les formes de lettres sont moulées.
Chaque pétale de cette marguerite peut fléchir légèrement quand il est frappé par un solénoïde. Le tampon vient alors frapper la forme de plastique contre un ruban carbone, ce qui applique le noir sur le papier.
Le ruban carbone présenté dans une cassette jetable. La correction est possible grâce à un deuxième ruban correcteur.
A cause de la construction en plastique, certaines lettres de pétales se sont effritées : ça mène à des erreurs d’impression.
Mais ce n’est pas la seule manière d’avoir des problèmes d’impression : parfois le carbone (qui doit avoir 30 ans) a du mal à se décoller. Je pourrais acheter des nouvelles (anciennes) cartouches sur Leboncoin, j’imagine…
Je me demande s’il est possible d’imprimer en 3D une marguerite avec une police personnalisée : en impression résine ça doit être possible d’obtenir des pièces qui ont la résistance et la flexibilité requises, mais je ne sais pas pour le niveau de détail. ce serait toujours plus simple que pour l’impression d’une boule de Selectric, même si ça n’a pas empêché des gens de le faire !
Imprimante cachée
Le secret, c’est que cette machine à écrire n’est autre qu’une imprimante à marguerite avec un clavier attaché devant, déguisée en machine à écrire.
Dans les années 80, ces imprimantes était favorisées pour les courriers, car les imprimantes qui dessinaient des “pixels” n’étaient pas assez bien pour bien rendre les caractères.
On utilisait les autres imprimantes pour les images, schémas. Et une fois la technoogie avancée, pour tout le reste, après avoir mis les imprimantes à marguerite au placard.
Comme cette machine est essentiellement un imprimante avec un clavier, il y a de l’électronique qui envoie les ordres d’impression. Pourrait-on en tirer un usage ?
Sur le devant, il y a un port accessible, visiblement pour brancher quelque chose dessus. Est-ce que c’était pour la connecter à un ordinateur et l’utiliser comme imprimante ?
Et comme je manque d’idées de projets en ce moment (non), je me demande s’il est possible de refaire un adaptateur qui se branche sur cette prise, et qui permette d’imprimer avec, comme back in the 80’s.
Feeling
En termes de bruit, elle diffère complètement des machines à marteaux : la “frappe” est plus silencieuse, et on découvre (avec délectation) le bruit des moteurs pas à pas qui contrôlent la position des différents éléments : nostalgie assurée de quand ma première imprimante 3D transformait du filament 1er prix en gadgets de qualité douteuse, sous mon oeil fasciné.
C’est une machine énorme : Elle pèse beaucoup trop de kilos et fait beaucoup trop de cm de large. quasiment autant que la Selectric, malgré les capots en plastique, qui doivent quand même alléger un peu la structure : dedans, beaucoup de ferraille.
Conclusion
Monstre dont la technologie n’est restée de pointe que quelques années, entre la période des machine à écrire mécaniques et celle des imprimantes LASER et inkjet, ce bijou continue de me fasciner. Elle est énorme, devait coûter une fortune, et pèse une tonne (figurative) ! Mais à ce moment là, dans les années 80, c’était le must pour avoir de jolies lettres bien dessinées !
Until next time !
